Mercos en mai
C’est un beau 4x4, double cabine qui a combattu le feu de forêt en basse Ardèche. Recueilli par MSP07 il a participé à plusieurs défilés et manifestations avant qu’il soit décidé de stopper les outrages de la rouille qui le rongeait sérieusement par endroits. Pendant plusieurs jours il fut démonté, poncé, gratté, traité, il a même reçu une première peinture. Il restait plus grand chose pour qu’il fasse son retour de star (à trois branches) mais voila d’autres travaux et préoccupations l’on fait régressé dans le planning des activités.
Puis ses charmes ont fini par agir sur une petite équipe. Faut dire qu’il n’en manque pas : en plus que d’être beau comme un beau camion il est bien chaussé avec ses crampons du dimanche, il ne tache jamais le sol du hangar de la moindre goutte d’huile (c’est pourtant pas de la moquette), son gros moteur vert démarre avec entrain, ronronne doucement, ne fume pas plus qu’il ne faut, il joue quelques petits coups de trompette avec ses freins et côté papiers il est réglo.
Les conditions pour poursuivre la restauration ont donc été réunies : le nettoyeur hp a été réparé, on a trouvé un groupe à jus, un peintre avec son compresseur et son pétard, des donateurs pour financer la peinture, un cuistot, une poignée d’arpettes et une date pour rassembler tout ça. Il faut aussi rajouter quelques doses de bonne humeur et d’envie de s’occuper sérieusement de choses futiles.
On est pas arrivés à l’heure (sauf le premier), on a porté l’eau, fait l’électricité, il a plu, y’avait du courant d’air dans le hangar mais la mayonnaise a pris quand même et le mercos a été chouchouté.
D’abord on l’a frotté au tampon abrasif pour casser le brillant de la première couche bien sèche depuis des mois et avec du papier cache qui voulait pas lâcher le morceau. Puis il a été rincé au nettoyeur hp, pour le séchage la pluie a voulu nous en empêcher mais on s’est remisé et on a gagné a coups de soufflette.
Après on a commencé à cacher, tout le monde s’applique mais on voit les pros qui vont deux fois plus vite et savent prendre les courbes avec du scotch droit. Là le cuistot est arrivé avec ses glacières et tout ce qu’il faut dedans de l’apéro au dessert. On est descendu des escabeaux et pour la restauration ça a été notre tour, le poulet chasseur accompagné d’un Vacqueyras n’a pas fait un pli.
L’après midi des renforts déboulent, on a fini de cacher vite fait mais bien fait et le peintre a pu jouer du pétard. Il a fallu un moment pour l’accorder, le bougre avait la goutte au nez et le brouillard léger, c’est sensible ces bestioles. Tout est rentré dans l’ordre et le mercos a revêtu un paletot de trois kilos de peinture. Du coup comme ça c’est bien passé sans gaspillage il reste un peu de rouge 071 et déjà une acadiane et un vieux citron se sont inscrits pour se faire faire une beauté, bon ça c’est pour plus tard, poussez pas derrière.
Le temps de discuter un petit peu et il faut décacher, c’est important de le faire au moment propice, peinture juste sèche au toucher, le scotch se décolle impec et la liaison peinture-élément caché est bien nette.
Il fait sombre dans le hangar et le mercos rutile pourtant il reste plein de choses à lui faire : peinture des éléments blancs, remontage des accessoires, lavage cabine, réfection et repose des sièges ... on prend date pour la suite, il faut pas baisser la garde et cet été il fera le beau dans les parades.

















